Créer sa startup en France en 2011

Par Pascal Podvin, CEO de Compario

Le projet de loi de finance 2011 prévoit la modification des statuts JEI (Jeunes entreprises innovantes) et du CIR (Crédit Impôt Recherche). Ces outils très utilisés, par les jeunes entreprises, notamment du secteur des Technologies de l’Information et de la Communication, constituent de véritables leviers de développement dans des secteurs très concurrencés, surtout au niveau international. La suppression ou la modification de ces outils, qui jusqu’à présent couvraient en partie les risques pris par les entreprises innovantes de ce secteur, risque de créer des zones de turbulences voire la disparition de certaines d’entre elles, les plus fragiles, parfois les plus innovantes (entre 0 et 5 ans) et par effet de levier la disparition des emplois qu’elles génèrent ou auraient pu générer. Pour comprendre les effets de ces dispositifs, parfois méconnus par les entrepreneurs eux-mêmes, il faut les replacer dans le contexte général de la vie d’une startup en France. Editeur de logiciels pour le E-Commerce, Compario a passé les premières étapes de son développement et partage aujourd’hui son expérience.

Le financement de l’innovation

A chaque stade du développement, l’entreprise doit activer les bons leviers pour financer son développement.

Etape 1 : boot strapping (démarrage d’activité commerciale sur fonds propres limités)

Au moment du lancement de son activité, l’entreprise doit trouver elle-même des ressources, en utilisant des méthodes innovantes comme l’outsourcing du développement du code (pour le cas du logiciel), contre une participation au capital. Une startup peut aussi proposer de la vente « sur plan » : les clients acceptent d’acheter un produit qui n’est pas encore terminé. Cette approche du marché permet de vérifier l’adéquation entre la technologie et les usages.

Etape 2 : Business Angels et aides publiques

L’entreprise peut bénéficier notamment de l’aide d’organismes tels qu’Oseo qui permet de disposer de trésorerie rapidement. Elle utilise également les crédits d’impôts recherche, qui permettent des baisses de charges et d’autres dispositifs, comme les aides à l’export notamment.

Etape 3 : la levée de fonds

La levée de fonds permet de structurer l’entreprise et de se mettre en ordre de bataille pour relever les prochains défis. Elle ne peut se faire qu’après avoir prouvé que l’entreprise a rencontré son marché. Pour définir le bon partenaire à cette étape, l’apport financier n’est pas suffisant : il faut aussi un apport stratégique (vision à 3 ou 4 ans).

Les accélérateurs de Business

Comment atteindre ses futurs partenaires ?

Compte tenu de sa taille, la startup a du mal à se rendre visible auprès de ses futurs partenaires ou financeurs. Tout ce qui permet de permettre d’étendre la portée de ses relations est utile, comme les forums d’échanges que proposent des organismes tels qu’Oseo Excellence.

Construire son écosystème

Une startup n’a pas les moyens de disposer en interne des multiples compétences nécessaires pour se développer. Il lui faut donc bâtir un écosystème de partenaires qui peuvent intervenir différents niveaux (R&D, ventes, services…)

EC = ½ MV2 : comment atteindre la bonne vitesse de réaction ?

Cette loi physique s’applique aux entreprises : l’énergie cinétique peut se comparer à l’impact de l’entreprise sur le marché. Pour augmenter cet impact, on peut travailler sur la masse ou sur la vitesse, mais il vaut mieux s’appuyer sur la vitesse qui à une incidence au carré sur cette énergie. Plus on va vite, plus on augmente l’impact sur le marché. Et pour se développer aujourd’hui, cette vitesse de réaction et cette agilité sont essentielles pour s’adapter aux évolutions du marché. Cette idée va à l’encontre des mentalités : beaucoup d’entreprises ont cherché avant tout à bâtir des forteresses, mais aujourd’hui, ce sont les structures légères qui réussissent, en utilisant l’agilité plutôt que le protectionnisme.

Le facteur humain

Pour développer sa startup, une des difficultés est de réunir les bonnes compétences. Le bon mix se fait grâce à une compétence technique, associée à un entrepreneur passionné auquel s’ajoute un gestionnaire visionnaire qui « tient la boutique ». Ce mix de personnalités doit aussi partager les mêmes valeurs : réalisme, humilité, écoute.

Les difficultés à combattre en France

Frilosité des investisseurs

Les investisseurs français ont une attitude parfois étonnante : ils passent plus de temps à discuter sur quelques milliers d’euros pour la rémunération des dirigeants qu’à regarder l’impact stratégique qui permettra de développer la startup pour en faire peut-être le futur Google ou Amazon. Aux Etats-Unis, les tickets sont beaucoup plus gros, mais ils concernent des collaborateurs qui auront un accompagnement stratégique et une vision à 3 ou 4 ans, ainsi qu’un un réel apport business.

Rigidité administrative

Le sujet n’est pas nouveau mais l’environnement administratif français ne permet pas de jouer la carte de l’agilité que nous évoquions plus haut. Il existe beaucoup d’aides en France, mais l’entreprise risque au final de rester engluée, à cause de la rigidité administrative.

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